Après la longue série de cartes et autres réas dédiées aux fêtes, un retour aux pages s'imposait. J'ai choisi de le faire avec une inspiration de scrap dit "européen", bien peu souvent représenté sur ce blog.  Il vous faut pourtant savoir que ce type de scrap, à base de découpes et de gabarits, occupe une position dominante dans le nord de la France et la Belgique, où une grosse partie du marché scrapbooking est "tenue" par une société de vente à domicile, dont le nom en quatre lettres commence et finit par A...  Moi aussi je l'avoue j'ai débuté par là. Et même, cela me plaisait ! Pourquoi j'ai changé ? Parce qu'à cette époque la photographie numérique n'existait pas (hum, il me faut bien m'identifier comme un dinosaure du scrap...). La photo argentique, entre l'achat des films et leur développement, représentait un fameux budget. On ne prenait pas beaucoup de clichés. Si la photo était ratée, il n'y en avait pas dix autres de la même scène pour compenser. On choisissait un film noir et blanc OU couleurs, d'une telle sensibilité (isos), et pas question de changer tant que le film n'était pas au bout. Et donc forcément il y avait pas mal de ratés... Ce principe de découper les photos dans des formes (gabarits ou pochoirs) offrait l'avantage de pouvoir choisir la partie d'une photo qu'on voulait conserver, en éliminant le morceau indésirable. Mais il avait aussi pour inconvénient de consommer BEAUCOUP de photos ! Une fois mon (petit) stock écoulé, je me suis donc tournée vers une autre forme de scrapbooking, celui dit "américain", qui en plus de m'offrir une bien plus grande liberté créative me permettait de construire une page autour de trois, deux, voire une seule photo !

Depuis, fort heureusement ce scrap européen a évolué : de nouveaux modèles sont apparus pour mettre en valeur par exemple une photo unique. Certaines "règles" ont changé aussi. Ainsi les papiers imprimés (ceux de la marque !) sont à présent autorisés, et de même pas mal d'outils autrefois prohibés comme les tampons, la poudre d'embossage, les dies, ont fait leur apparition au catalogue. Par contre plusieurs limitations qui me semblent déplacées dans l'expression d'une activité créative perdurent, comme l'interdiction d'employer plus de trois couleurs sur une page. Hélas les animatrices, recrutées à grand renfort de publicité et d'offres alléchantes, n'ont elles-mêmes pas le choix : priorité aux objectifs de vente ! Même sans cautionner je pourrais comprendre s'il n'y avait, en plus, cette vilaine réputation faite au scrap dit "américain" : trop lourd, trop chargé, donnant la priorité aux décos plutôt qu'aux photos, etc... Combien de fois sur les salons, dans les magasins, n'ai-je pas dû faire face à des mines dédaigneuses, voire dégoûtées à l'évocation de ce style !  Promis je n'exagère pas ! Dans ces cas-là j'aimerais tant avoir sous la main une page "clean & simple" prouvant que, non, le scrapbooking "hors gabarits" n'est pas forcément encombré et indigeste...

Mais je vis en Belgique, petit pays que des cultures contrastantes ont rendu roi du compromis. La page que je vous montre aujourd'hui en sera donc l'illustration : mise en page "européenne" avec des photos découpées, déco "américaine" mais simple (parce que j'aime ça !) :

Marseille

 

Tampons Artemio et Kesi'art, découpes Kési'art encore et ScanNcut, étiquette offerte par Pascale, bandelettes de papiers parce que le scrap est fait de ça. Même si, je l'admets, ma boîte à chutes n'a pas vu la différence... 

Marseille2

Alors, page européenne ou américaine ? Comment la définissez-vous ? Quels sont vos critères ?
Pour moi elle me plaît, le seul qui compte vraiment !

Pour terminer je signale encore en passant, parce qu'on ne sait jamais, qu'il reste deux places pour la formation ScanNCut à Namur ce lundi après-midi...

Bon week-end, bisous de neige,
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